Par un collectif d’associations concarnoises
Monsieur le Maire, mesdames et messieurs les conseillers municipaux de la majorité,
« Un élève, ce n’est pas qu’un chiffre, c’est bien davantage. 70 élèves, ce n’est pas qu’un nombre, c’est bien davantage ».
Nous, associations concarnoises, dont une douzaine sont représentées ce soir, ne pouvons imaginer que vous, élus de la population concarnoise, soyez unanimes à considérer la fermeture de l’école d’un quartier prioritaire comme une mesure d’intérêt général.
Une fermeture, rappelons-le, prononcée sans que soit annoncé un accompagnement pour l’intégration des élèves dans d’autres établissements de la ville.
Une fermeture prononcée sans égard pour la spécificité culturelle et sociale de cette école de proximité qui « tient » depuis des décennies, en accomplissant un travail remarquable, d’éducation, d’accompagnement, reconnu par ses élèves, actuels et anciens.
Comment prendre au sérieux l’argument de vétusté et de dangerosité avancés pour justifier la fermeture, alors qu’est offerte en perspective, l’implantation d’un centre aéré sur le site de l’école ?
Une reconstruction digne de ce nom, qui la mettrait en valeur, attirerait des familles, et deviendrait, comme l’ont si bien exprimé nos ami.e.s d’Expressions Plurielles, du Planning Familial et de l’Abri Côtier dans leur lettre ouverte, un étendard et une fierté pour les habitants du quartier - quartier en rénovation, ne l’oublions pas -, et au-delà pour la ville entière, ne pourrait-elle aussi bien être envisagée, en proximité avec un centre aéré ?
A la suite des parents d’élèves qui se sont levés contre cette décision de fermeture et expriment leur désaccord avec force et une impressionnante dignité, nombre de Concarnois prennent conscience de la gravité de la situation. Des conséquences désastreuses de votre décision, morales, économiques, s’anticipent, voire se mesurent déjà sur une partie non négligeable de la population du quartier.
Les candidats aux élections municipales sont majoritaires à affirmer qu’ils reviendront sur cette fermeture.
Le code de l’Education énonce à l’article L111-1 : « Le service public de l’éducation contribue à l’égalité des chances et à lutter contre les inégalités sociales et territoriales en matière de réussite scolaire et éducative ».
La Politique de la Ville reprend cet article en rappelant qu’un « volet éducatif » est « intégré aux contrats de ville » pour réduire les écarts de réussite scolaire entre les élèves résidant dans les Q.P.V. et les autres élèves. Elle pose cet objectif comme un défi majeur pour la société française. L’école de Kerandon est sur cette voie-là. Laissons-la continuer.
Monsieur le Maire, mesdames et messieurs les conseillers municipaux de la majorité, vous pouvez reconsidérer votre décision. Avec le collectif des parents de Kérandon, nous vous le demandons instamment.
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