Pour la réunion du 11 février 2026, par D.L.C.

Dans notre groupe, nos discussions tournent souvent autour de la nécessité d’informer et de former les jeunes, le plus tôt possible à la laïcité et la citoyenneté. Mais on se heurte toujours aux mêmes obstacles :
Les partenaires intermédiaires entre nous et les enfants sont nombreux : familles, écoles, animateurs péri scolaires, élus ...
Les temps et lieux divers d’intervention, compliquent les choses.
Les différents âges de développement du public concerné aggravent les difficultés pédagogiques.
Ce sont les principales difficultés, il y en a sans doute d’autres.
L’idée d’utiliser un outil du genre : « passeport », « cahier » « carnet » et autres diplômes citoyen n’est pas nouvelle, car l’avantage d’un tel document c’est qu’il permet « d’arroser large ». Il en existe d’ailleurs un peu partout en France et sur le net. Mais en créer un, cela demande des compétences et un travail considérable. La CCA a connu des déboires en tentant l’expérience.
J’ai eu l’occasion d’être mise au courant, mais très ponctuellement et de loin à l’élaboration d’un de ces carnets en cours de création dans la commune de Sayssinet Pariset en Isère.
J’ai pensé que cet outil pourrait peut-être servir ici aussi, ou pas, et en y apportant des modifications, ou pas. Je précise que le maire actuel de Seyssinet Pariset et le Comité en charge de sa création, semblent favorable à l’utilisation élargie du carnet. Selon quelles modalités je l’ignore.
Je vais vous présenter le carnet (je n’en ai eu que 2 exemplaires) nous en discuterons au fur et à mesure, et nous verrons bien si nous avons envie de donner une suite et laquelle.
Présentation du carnet de Seyssienet Pariset
Noël Margerit, adjoint au maire de Seyssinet avait d’abord créé un comité de pilotage (Mémoire et Education à la citoyenneté), à qui le projet du carnet de jeune citoyen a été confié.
Trois conditions ont d’abord été définies par le comité :
– Il n’était pas question d’un carnet dans lequel les adultes pointeraient les participations des gamins à des événements publics, et rien d’autre (des livrets ou carnets comme ça, il y en a beaucoup sur internet : commémorations locales, nationales...)
Le comité a souhaité que dans ce carnet le jeune se reconnaisse dans sa vie de tous les jours, en tant qu’acteur de sa propre vie.
– Ensuite, il ne fallait pas que ce carnet ressemble à un vade-mecum de morale laïque (comme il y en a pour la morale chrétienne par exemple). Il fallait que les items soient écrits le plus possible à la première personne, même s’il n’a pas été totalement possible d’échapper à une nomenclature de type "Edification des consciences", c’est le genre qui veut ça. Mais cela a été compensé par des parties libres accordées au jeune, et par des interpellations un peu ludiques.
– Enfin, le comité a tenu à ce que la notion de responsabilité personnelle apparaisse en filigrane tout au long du carnet.
Ces trois conditions ont été retenues par le comité, mais il a fallu les rappeler maintes fois au cours du travail qui a duré 18 mois.
Le carnet a été structuré en cinq parties, avec une double page par partie.
Pour bien partir de l’enfant, les cinq parties commencent toujours par le pronom JE et concernent d’abord sa personne, ensuite les autres autour de lui, ensuite l’environnement.
Les deux dernières parties s’élargissent comme ce qu’on trouve dans beaucoup de communes, à l’engagement du jeune dans la vie sociale et même politique.

Plusieurs points sont à retenir :
1) Un point important et qui a fait débat sans jamais avoir été tranché, c’est celui de l’évaluation. D’ailleurs les thermomètres ou baromètres avec trois niveaux (rouge-orange-vert) n’ont pas été approuvés par tous les membres du groupe, mais le maire a choisi.
2) Le carnet commence lorsque le jeune sait suffisamment lire pour s’en servir tout seul, (CE2). Il pourra être poursuivi au collège selon les suivis scolaires des cohortes d’élèves.
3) Un lexique a paru indispensable, non seulement pour l’enfant, mais aussi et peut-être surtout pour ses parents puisque ce carnet reste dans la famille.
4) Et donc, les familles ont été associées à cette initiative, non pour l’élaboration du document, mais pour la responsabilité des parents à l’égard de leur enfant (en lien avec les Directives Condorcet dans le projet de loi pour la Convention de 1792). Sans les familles, les projets éducatifs s’appauvrissent et s’éteignent.
5) Un carnet a été remis solennellement à chaque élève vers la mi-novembre, en présence du maire, de l’inspectrice, des délégués de parents d’élèves et, des auteurs. Ils sont passés dans toutes les classes et le maire, à chaque fois, a très bien expliqué ce dont il s’agissait (certains instituteurs avaient préparé leur classe).
6) Un échec tout de même : il était question d’associer les responsables de tous les lieux périscolaires (piscines, bibliothèques, centres aérés, et c … ). Ils ne se sont jamais déplacés.
Une première réunion d’évaluation est prévue prochainement, et les résultats nous seront communiqués.

