La République ne reconnaît aucun culte. Pourquoi ? - commentairesLa République ne reconnaît aucun culte. Pourquoi ?2018-04-20T14:35:47Zhttps://www.laicite-aujourdhui.fr/?La-Republique-ne-reconnait-aucun#comment4972018-04-20T14:35:47Z<p>Connaître ... surtout ne pas méconnaître. Pour notre République laïque, neutralité n'est pas passivité. <br class="autobr">
Comme pour toute association, les dirigeants de notre pays se doivent de connaître les pratiques religieuses et leurs évolutions : 1/ en étant attentifs aux expressions des responsables des différents cultes dans les médias <i>(garanties par la loi de 1881)</i>, 2/ en les recevant au besoin, au même titre que toute autre organisation. <i>Notons que pour eux, il existe même un accès privilégié : le bureau des cultes au Ministère de l'Intérieur.</i></p>La République ne reconnaît aucun culte. Pourquoi ?2018-04-20T10:11:20Zhttps://www.laicite-aujourdhui.fr/?La-Republique-ne-reconnait-aucun#comment4962018-04-20T10:11:20Z<p>Je cherchais depuis quelque temps ce qu' on entendait dans la loi par "reconnaitre" et votre article l'éclaire de façon tout à fait satisfaisante. Après il reste depuis l'origine une problématique : à peu d'années de distance a été crée la loi sur les associations, et , justement ce que nous nommons "religion" n'est au final qu'une forme d'association un peu particuliere (il me semble d'ailleurs que la loi sur les association évoque le cas des associations cultuelles) ; Et vient forcément des moments où il y a interférence entre l'objet d'une association et l'espace public ; Qu'il s'agisse d'association de pêche, d'organisation du pardon de Saint Cucufan empruntant les chemins publics ou de prières dans la rue ou autre... Et donc il faut bien , à défaut de REconnaitre que la République par ses personnels <i>aie à connaitre</i> tel ou tel aspect de la pratique religieuse.</p>La République ne reconnaît aucun culte. Pourquoi ?2014-10-18T20:50:02Zhttps://www.laicite-aujourdhui.fr/?La-Republique-ne-reconnait-aucun#comment2942014-10-18T20:50:02Z<p>G.L.DUPRAT,<br class="autobr">
Sur la tolérance, extrait du livre : « la morale psycho-sociologique. 1912 O. DOIN éditeur.<br class="autobr">
Pages 68-71.<br class="autobr">
« De nos jours, l'obligation de la prière est l'une des plus impérieuse pour la plupart des fidèles, que l'on y joigne ou non certaines pratiques comme celle des ablutions ou des lustrations, que la prière soit une demande particulière ou une « action de grâces » ou une élévation mystique de l'âme vers son créateur. Les chrétiens catholiques y ajoutent le devoir de « rechercher périodiquement des sacrements » dont certains comportent une confession auriculaire préalable. Le croyant a ainsi un plus ou moins grand nombre de prescriptions ou de prohibitions à observer scrupuleusement. Ce qui intéresse la vie morale c'est l'élévation spirituelle et l'examen de conscience, car nul être raisonnable ne saurait se passer de réflexion sur lui-même, d'appréciation aussi impartiale que possible de ses actes et de ses intentions, d'attention accordée à l'idéal moral et à ses exigences. Mais les mœurs religieuses qui imposent ces pratiques peuvent aisément se séparer de la participation à des cérémonies et de la subordination à un corps sacerdotal. On peut donc concevoir une moralité sans incorporation dans une Eglise, quels que soient pour bien des esprits faibles les avantages moraux de cette intégration, sans obéissance à des prescriptions strictement religieuses.<br class="autobr">
La différenciation sociale a rendu la conscience religieuse de moins en moins exigeante en ce qui concerne les rapports entre les fidèles et les mécréants. La haine de l'hérétique n'est plus obligatoire pour la plupart des fidèles civilisés ; seuls des semi-barbares éprouvent du mépris pour les infidèles et souhaitent leur extermination. Peu à peu s'établit au contraire, même dans les cœurs pénétrés de foi religieuse, le sentiment d'un devoir de tolérance, nettement opposé au fanatisme d'autrefois. La persécution religieuse avait pour point de départ, en l'absence de toute parenté mystique entre les croyants et les infidèles, cette conviction que le dogme dont on se réclamait avait une valeur exclusive ; que le Dieu révéré était non seulement le seul vrai, mais était de plus un Dieu jaloux supportant malaisément l'injure à lui faite par les adorateurs de fausses divinités ; qu'enfin l'extermination des hérétiques était le seul moyen d'empêcher la propagation d'un mal redoutable. D'une façon corrélative, le devoir de tolérance se fonde 1° sur l'absence de certitude dogmatique, 2°sur la conception d'une divinité plus morale que vindicative, 3° sur le respect de la valeur intellectuelle de la dignité morale de chaque individu raisonnable. Cependant la tolérance à l'égard de la libre croyance n'est pas encore considérée comme obligatoire par ceux auxquels leur Eglise ne permet pas la discussion des dogmes : admettre, disent-ils, qu'autrui puisse avoir une autre foi religieuse, c'est déjà douter de la valeur « incontestable » de la révélation dont on est censé bénéficier ; c'est donc au point de vue dogmatique, commettre déjà une faute presque aussi grave que celle de l'hérétique. Au point de vue social, les adversaires de la tolérance tirent leurs arguments surtout de l'anarchie morale qu'elle entraîne : la croyance indépendante participe de l'orgueil humain ; hors la foi doit humilier la superbe raison ; quiconque tolère la discussion des articles de foi encourage la révolte de l'esprit humain (trop faible pour découvrir la vérité) au détriment de l'ordre fondé sur l'unité de croyance. A cette thèse ultramontaine, les libéraux de nos jours répondent en demandant plus encore que de la tolérance car, disent-ils, la tolérance suppose un Pouvoir ayant le droit de laisser penser librement ou d'empêcher les manifestations de la pensée indépendante : hors nul pouvoir n'a le droit de s'opposer à la recherche indépendante, donc nul n'a vraiment à la tolérer. Au lieu de tolérance, il faudrait parler de profond respect pour l'homme qui cherche vaillamment à se faire une croyance personnelle. En effet, le devoir de tolérance n'est qu'un minimum imposé pour réfréner la tyrannie naturelle des convictions ardentes ; le maximum que l'on n'ose exiger est la soumission de tous au devoir de rechercher, individuellement et en commun les bases d'une sorte d'unité morale fondée sur le respect sincère de toutes les croyances religieuses ou antireligieuses. Nous trouverions tous dans l'accomplissement de ce devoir le fondement de « l'unité morale » et de la « paix sociale ».</p>