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	<title>La&#239;cit&#233; Aujourd'hui</title>
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		<title>La&#239;cit&#233; Aujourd'hui</title>
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		<title>&#171; Profs, ne capitulons pas ! &#187;</title>
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		<dc:date>2024-05-14T10:03:56Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Un appel lanc&#233; le 2 nov. 1989 : pr&#233;monitoire, d'une grande actualit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt; Sur le Nouvel Obs, par Elisabeth BADINTER, R&#233;gis DEBRAY, Alain FINKIELKRAUT, Elisabeth de FONTENAY et Catherine KINTZLER &lt;br class='autobr' /&gt;
Monsieur le Ministre, &lt;br class='autobr' /&gt;
L'avenir dira si l'ann&#233;e du Bicentenaire aura vu le Munich de l'&#233;cole r&#233;publicaine. Il est bon, dites-vous, d'apaiser les esprits sans faire le jeu des fanatiques. Vous auriez sauv&#233; la paix scolaire et la paix sociale, moyennant quelques concessions de d&#233;tail. Et vous seriez, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.laicite-aujourdhui.fr/?-a-lire-ou-a-relire-" rel="directory"&gt;A lire ou &#224; relire...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un appel lanc&#233; le 2 nov. 1989 : pr&#233;monitoire, d'une grande actualit&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur le Nouvel Obs, par Elisabeth &lt;strong&gt;BADINTER&lt;/strong&gt;, R&#233;gis &lt;strong&gt;DEBRAY&lt;/strong&gt;, Alain &lt;strong&gt;FINKIELKRAUT&lt;/strong&gt;, Elisabeth &lt;strong&gt;de FONTENAY&lt;/strong&gt; et Catherine &lt;strong&gt;KINTZLER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Ministre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir dira si l'ann&#233;e du Bicentenaire aura vu le Munich de l'&#233;cole r&#233;publicaine. Il est bon, dites-vous, d'apaiser les esprits sans faire le jeu des fanatiques. Vous auriez sauv&#233; la paix scolaire et la paix sociale, moyennant quelques concessions de d&#233;tail. Et vous seriez, bien entendu, intraitable sur l'essentiel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous dites, Monsieur le Ministre, qu'il est exclu d'exclure. Bien que touch&#233;s par votre gentillesse nous vous r&#233;pondons, avec Mohammed Harbi, qu'il est permis d'interdire. Une exclusion n'est discriminatoire que lorsqu'elle vise celui ou celle qui a respect&#233; les r&#232;gles en vigueur dans un &#233;tablissement. Lorsqu'elle touche l'&#233;l&#232;ve qui a enfreint les r&#232;gles en vigueur, elle est disciplinaire. &lt;strong&gt;La confusion actuelle entre discipline et discrimination ruine la discipline. Et s'il n'y a plus de discipline possible, comment enseigner les disciplines ? Si l'on n'applique la loi qu'&#224; ceux qui veulent bien s'y soumettre, comment un professeur peut-il exercer son m&#233;tier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;gocier, comme vous le faites, en annon&#231;ant que l'on va c&#233;der, cela porte un nom : &lt;strong&gt;capituler&lt;/strong&gt;. Une telle &#171; diplomatie &#187; ne fait qu'enhardir ceux-l&#224; m&#234;mes qu'elle se propose d'amadouer &#8211;et s'ils demandent demain que l'&#233;tude des Rushdie (Spinoza, Voltaire, Baudelaire, Rimbaud&#8230;) qui encombrent notre enseignement soit &#233;pargn&#233;e &#224; leurs enfants, comment le leur refuser ? Par l'exclusion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N'avez-vous pas d&#233;savou&#233; l'autorit&#233; des professeurs et des chefs d'&#233;tablissement en donnant l'impression que vous identifiez automatiquement l'exclusion au racisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que les &#233;l&#232;ves aient le plaisir d'oublier leur communaut&#233; d'origine et de penser &#224; autre chose que ce qu'ils sont pour pouvoir penser par eux-m&#234;mes. Si l'on veut que les professeurs puissent les y aider, et l'&#233;cole rester ce qu'elle est &#8211;un lieu d'&#233;mancipation, les appartenances ne doivent pas faire la loi &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;rogeant &#224; ce principe fondateur, vous ne revalorisez pas, comme vous vous en faites gloire, la condition enseignante : vous rendez la vie d&#233;j&#224; difficile de ceux qu'on a h&#233;las ! cess&#233; d'appeler les instituteurs et les professeurs plus impossible encore, et vous trahissez la mission de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit &#224; la diff&#233;rence qui vous est si cher n'est une libert&#233; que si elle est assortie du droit d'&#234;tre diff&#233;rent de sa diff&#233;rence. Dans le cas contraire, c'est un pi&#232;ge, voire un esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas, Monsieur le Ministre, en r&#233;unissant dans le m&#234;me lieu un petit catholique, un petit musulman, un petit juif que se construit l'&#233;cole la&#239;que. L'&#233;cole s'efforce d'installer un espace o&#249; l'autorit&#233; se fonde sur la raison et sur l'exp&#233;rience : cela est accessible &#224; tous. A ce titre, et parce qu'elle s'adresse &#224; tous, l'&#233;cole n'admet aucun signe distinctif marquant d&#233;lib&#233;r&#233;ment et a priori l'appartenance de ceux qu'elle accueille. Elle ne peut admettre non plus quelque d&#233;rogation que ce soit aux programmes ou &#224; l'emploi du temps. Le respect des traditions ne la concerne pas : ne sont respectables que les traditions et les diff&#233;rences qui ne contrarient ni les droits de l'homme, ni le principe du libre examen. Or, en affirmant une croyance comme &#233;tant au-dessus de tous, en affirmant une distinction de nature entre les &#234;tres humains, le foulard islamique contredit les deux principes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Accueillir tous les enfants &#187;, dites-vous. Oui. Mais cela n'a jamais signifi&#233; faire entrer &#224; l'&#233;cole, avec eux, la religion de leurs parents, telle quelle. Tol&#233;rer le foulard islamique, ce n'est pas accueillir un &#234;tre libre (en l'occurrence une jeune fille), c'est ouvrir la porte &#224; ceux qui ont d&#233;cid&#233;, une fois pour toutes et sans discussion, de lui faire plier l'&#233;chine. Au lieu d'offrir &#224; cette jeune fille un espace de libert&#233;, vous lui signifiez qu'il n'y a pas de diff&#233;rence entre l'&#233;cole et la maison de son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En autorisant de facto le foulard islamique, symbole de la soumission f&#233;minine, vous donnez un blanc-seing aux p&#232;res et aux fr&#232;res, c'est-&#224;-dire au patriarcat le plus dur de la plan&#232;te. En dernier ressort, ce n'est plus le respect de l'&#233;galit&#233; des sexes et du libre arbitre qui fait loi en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une seule phrase, vous avez d&#233;sarm&#233; ces milliers de jeunes musulmanes qui se battent ici et l&#224; pour leur dignit&#233; et leur libert&#233;. Leur plus s&#251;r alli&#233; contre l'autoritarisme des p&#232;res &#233;tait l'&#233;cole la&#239;que et r&#233;publicaine. Aujourd'hui, elles l'ont perdu. Vous avez fait un march&#233; de dupes, Monsieur le Ministre, en &#233;changeant la lib&#233;ration et l'int&#233;gration, certaines et constatables, des jeunes filles musulmanes contre l'espoir hypoth&#233;tique d'un retour &#224; la tol&#233;rance des int&#233;gristes, par d&#233;finition ennemis de la tol&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les partisans de la &#171; nouvelle la&#239;cit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;, au rang desquels vous vous placez, pr&#244;nent une tol&#233;rance indistincte. Ils veulent une &#233;cole ouverte aux pressions communautaires, religieuses, &#233;conomiques, une &#233;cole o&#249; chaque professeur est tenu de se plier &#224; l'environnement social, une &#233;cole o&#249; chaque &#233;l&#232;ve est constamment rendu &#224; ses parents, rappel&#233; &#224; sa condition, riv&#233; &#224; ses &#171; racines &#187; : c'est une &#233;cole de la pr&#233;destination sociale. D'un m&#234;me mouvement, elle s'offre au monde de l'entreprise et aux dignitaires religieux : c'est une &#233;cole &#224; vendre, une &#233;cole asservie &#224; la loi du milieu et aux particularismes ext&#233;rieurs. Dans notre soci&#233;t&#233;, l'&#233;cole est la seule institution qui soit d&#233;volue &#224; l'universel. C'est pourquoi les femmes et les hommes libres ne sont pas pr&#234;ts &#224; transiger sur son ind&#233;pendance de principe, perp&#233;tuellement menac&#233;e par les pouvoirs de fait, &#233;conomiques, id&#233;ologiques ou religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Neutralit&#233; n'est pas passivit&#233;, ni libert&#233; simple tol&#233;rance.&lt;/strong&gt; La la&#239;cit&#233; a toujours &#233;t&#233; un rapport de forces. Est-ce au moment o&#249; les religions sont de nouveau en app&#233;tit de combat qu'il faut abandonner ce que vous appelez la &#171; la&#239;cit&#233; de combat &#187; au profit des bons sentiments ? La la&#239;cit&#233; est et demeure par principe une bataille, comme le sont l'&#233;cole publique, la R&#233;publique et la libert&#233; elle-m&#234;me. Leur survie nous impose &#224; tous une discipline, des sacrifices et un peu de courage. Personne, nulle part, ne d&#233;fend la citoyennet&#233; en baissant les bras avec bienveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure fran&#231;aise de la d&#233;mocratie a pour nom R&#233;publique. Ce n'est pas une mosa&#239;que de ghettos o&#249; la libert&#233; pour tous peut venir habiller la loi du plus fort. Vou&#233;e au libre examen, li&#233;e &#224; l'essor des connaissances et confiante dans la seule lumi&#232;re naturelle des hommes, la R&#233;publique a pour fondement l'&#201;cole. &lt;strong&gt;C'est pourquoi la destruction de l'&#201;cole pr&#233;cipiterait celle de la R&#233;publique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous avons l'honneur, Monsieur le Ministre, de vous informer que ce sont les &#233;l&#232;ves que nous continuerons d'accueillir, et non la religion de leurs parents.&lt;/strong&gt; Vous comprendrez donc que nous appelions nos coll&#232;gues des enseignements primaire, secondaire et sup&#233;rieur, &#224; manifester leur accord avec ce texte Et vous aurez aussi compris, Monsieur le Ministre, que c'est un sentiment d'amiti&#233; r&#233;publicaine qui nous a incit&#233;s &#224; vous &#233;crire librement : &lt;strong&gt;la R&#233;publique est la chose de tous.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_2819 spip_documents spip_documents_center' style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt; &lt;a href='https://www.laicite-aujourdhui.fr/IMG/jpg/rouge.jpg' arial-label=&#034;&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;1500&#034; data-photo-h=&#034;360&#034; &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:24%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.laicite-aujourdhui.fr/index.php?action=image_responsive&amp;img=IMG/jpg/rouge.jpg&amp;taille=160&amp;1715680862' alt='' data-src='IMG/jpg/rouge.jpg' data-l='1500' data-h='360' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG\/jpg\/rouge.jpg&amp;#38;taille=160&amp;#38;1715680862&#034;,&#034;2&#034;:&#034;index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG\/jpg\/rouge.jpg&amp;#38;taille=320&amp;#38;1715680862&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG\/jpg\/rouge.jpg&amp;#38;taille=320&amp;#38;1715680862&#034;,&#034;2&#034;:&#034;index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG\/jpg\/rouge.jpg&amp;#38;taille=640&amp;#38;1715680862&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG\/jpg\/rouge.jpg&amp;#38;taille=640&amp;#38;1715680862&#034;,&#034;2&#034;:&#034;index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG\/jpg\/rouge.jpg&amp;#38;taille=1280&amp;#38;1715680862&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG\/jpg\/rouge.jpg&amp;#38;taille=1280&amp;#38;1715680862&#034;,&#034;2&#034;:&#034;index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG\/jpg\/rouge.jpg&amp;#38;taille=1500&amp;#38;1715680862&#034;},&#034;1500&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG\/jpg\/rouge.jpg&amp;#38;taille=1500&amp;#38;1715680862&#034;,&#034;2&#034;:&#034;index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG\/jpg\/rouge.jpg&amp;#38;taille=1500&amp;#38;1715680862&#034;}}' class='image_responsive' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/a&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les surlignages ont &#233;t&#233; effectu&#233;s par des membres du groupe&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'&#233;cole transmet-elle encore les valeurs r&#233;publicaines aujourd'hui ?</title>
		<link>https://www.laicite-aujourdhui.fr/?L-ecole-transmet-elle-encore-les</link>
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		<dc:date>2011-02-07T10:44:50Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; L'institution scolaire et la difficile transmission des valeurs r&#233;publicaines aujourd'hui &#187; : un article de Jean-Paul Delahaye, professeur associ&#233; &#224; l'Universit&#233; Paris V Ren&#233; Descartes. &lt;br class='autobr' /&gt; Un article paru en d&#233;cembre 2009 sur M&#233;diapart &lt;br class='autobr' /&gt;
Outre la transmission des connaissances, l'&#233;cole a pour mission premi&#232;re de faire partager &#224; la jeunesse les valeurs de la R&#233;publique, mission essentielle pour permettre le vivre ensemble. C'est ce que rappelle avec force la loi d'orientation d'avril (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.laicite-aujourdhui.fr/?-a-lire-ou-a-relire-" rel="directory"&gt;A lire ou &#224; relire...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'institution scolaire et la difficile transmission des valeurs r&#233;publicaines aujourd'hui &#187; : un article de Jean-Paul Delahaye, professeur associ&#233; &#224; l'Universit&#233; Paris V Ren&#233; Descartes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un article paru en d&#233;cembre 2009 sur M&#233;diapart&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la transmission des connaissances, l'&#233;cole a pour mission premi&#232;re de faire partager &#224; la jeunesse les valeurs de la R&#233;publique, mission essentielle pour permettre le vivre ensemble. C'est ce que rappelle avec force la loi d'orientation d'avril 2005...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... &lt;strong&gt;Une soci&#233;t&#233; schizophr&#232;ne ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... &lt;strong&gt;Une &#233;cole injuste ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ferdinand Buisson nous mettait en garde &#224; son tour en 1910 et on ferait bien de prendre cet avertissement enfin au s&#233;rieux : &#171; Il y a toujours une question scolaire, mais ce n'est pas de savoir qui de l'Eglise ou de l'Etat dirigera l'&#233;cole : la chose est jug&#233;e. C'est de savoir si notre d&#233;mocratie r&#233;ussira &#224; faire, par l'&#233;ducation, &lt;strong&gt;la France de demain plus forte, plus grande, plus juste, plus humaine que ne fut celle d'hier.&lt;/strong&gt; Ce n'est plus une question politique, c'est la premi&#232;re des questions sociales &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/laicite/article/311209/lecole-transmet-elle-encore-les-valeurs-republicaines" class="spip_out"&gt;http://www.mediapart.fr/club/editio...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>La n&#233;cessit&#233; de l'instruction publique . . . Condorcet </title>
		<link>https://www.laicite-aujourdhui.fr/?La-necessite-de-l-instruction</link>
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		<dc:date>2007-01-16T15:49:45Z</dc:date>
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		<dc:subject>Condorcet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034; Il faut que l'instruction du peuple puisse suivre les progr&#232;s des arts et ceux des lumi&#232;res g&#233;n&#233;rales... Une &#233;galit&#233; enti&#232;re entre les esprits est une chim&#232;re....&#034; &lt;br class='autobr' /&gt; MEMOIRE SUR LA NECESSITE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE (1791-1792) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; Il faut que l'instruction du peuple puisse suivre les progr&#232;s des arts et ceux des lumi&#232;res g&#233;n&#233;rales... Une &#233;galit&#233; enti&#232;re entre les esprits est une chim&#232;re. Mais, si l'instruction publique est g&#233;n&#233;rale... alors cette in&#233;galit&#233; est faite en faveur de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.laicite-aujourdhui.fr/?-a-lire-ou-a-relire-" rel="directory"&gt;A lire ou &#224; relire...&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.laicite-aujourdhui.fr/?+-Condorcet-37-+" rel="tag"&gt;Condorcet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034; Il faut que l'instruction du peuple puisse suivre les progr&#232;s des arts et ceux des lumi&#232;res g&#233;n&#233;rales... Une &#233;galit&#233; enti&#232;re entre les esprits est une chim&#232;re....&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MEMOIRE SUR LA NECESSITE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
(1791-1792)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il faut que l'instruction du peuple puisse suivre les progr&#232;s des arts et ceux des lumi&#232;res g&#233;n&#233;rales... Une &#233;galit&#233; enti&#232;re entre les esprits est une chim&#232;re. Mais, si l'instruction publique est g&#233;n&#233;rale... alors cette in&#233;galit&#233; est faite en faveur de l'esp&#232;ce humaine qui profite des travaux des hommes de g&#233;nie. Si, au contraire, cette instruction est nulle, faible, mal dirig&#233;e, alors l'in&#233;galit&#233; n'existe plus qu'en faveur des charlatans de tous les genres, qui cherchent &#224; tromper les hommes sur tous leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus vous voulez que les hommes exercent eux-m&#234;mes une portion plus &#233;tendue de leurs droits, plus vous voulez, pour &#233;loigner toute emprise du petit nombre, qu'une masse plus grande de citoyens puisse remplir un plus grand nombre de fonctions, plus aussi vous devez chercher &#224; &#233;tendre l'instruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instruction n'est pas moins n&#233;cessaire pour garantir la conscience des pi&#232;ges du sacerdoce. La morale primitive de toutes les religions a aussi &#233;t&#233; tr&#232;s simple, assez conforme &#224; la morale naturelle, mais aussi, dans toutes les religions, les pr&#234;tres en ont fait un instrument de leur ambition. Ce serait donc trahir le peuple que de ne pas lui donner une instruction morale ind&#233;pendante de toute religion particuli&#232;re, un s&#251;r pr&#233;servatif contre ce danger qui menace sa libert&#233; et son bonheur.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de CONDORCET&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_33 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:200px;&#034; data-w=&#034;200&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:91.428571428571%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.laicite-aujourdhui.fr/index.php?action=image_responsive&amp;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;taille=70&amp;1195063849' alt='' data-src='IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg' data-l='70' data-h='64' data-tailles='[\&#034;200\&#034;]' class='image_responsive avec_picturefill' srcset='index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;#38;taille=70&amp;#38;1195063849 1x,index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;#38;taille=70&amp;#38;1195063849 2x' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>RAPPORT SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE . . . Condorcet </title>
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		<dc:date>2007-01-16T15:49:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Condorcet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;RAPPORT SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE &lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sent&#233; &#224; l'Assembl&#233;e Nationale l&#233;gislative, les 20 et 21 avril 1792 &lt;br class='autobr' /&gt;
LES GRANDS PRINCIPES DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE . &lt;br class='autobr' /&gt; Offrir &#224; tous les individus de l'esp&#232;ce humaine les moyens de pourvoir &#224; leurs besoins, d'assurer leur bien-&#234;tre, de conna&#238;tre et d'exercer leurs droits, d'entendre et de remplir leurs devoirs Assurer &#224; chacun la facilit&#233; de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a le droit d'&#234;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.laicite-aujourdhui.fr/?-a-lire-ou-a-relire-" rel="directory"&gt;A lire ou &#224; relire...&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.laicite-aujourdhui.fr/?+-Condorcet-37-+" rel="tag"&gt;Condorcet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RAPPORT SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pr&#233;sent&#233; &#224; l'Assembl&#233;e Nationale l&#233;gislative, les 20 et 21 avril 1792&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_33 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:200px;&#034; data-w=&#034;200&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:91.428571428571%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.laicite-aujourdhui.fr/index.php?action=image_responsive&amp;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;taille=70&amp;1195063849' alt='' data-src='IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg' data-l='70' data-h='64' data-tailles='[\&#034;200\&#034;]' class='image_responsive avec_picturefill' srcset='index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;#38;taille=70&amp;#38;1195063849 1x,index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;#38;taille=70&amp;#38;1195063849 2x' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES GRANDS PRINCIPES DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE &lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Offrir &#224; tous les individus de l'esp&#232;ce humaine les moyens de pourvoir &#224; leurs besoins, d'assurer leur bien-&#234;tre, de conna&#238;tre et d'exercer leurs droits, d'entendre et de remplir leurs devoirs Assurer &#224; chacun la facilit&#233; de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a le droit d'&#234;tre appel&#233;, de d&#233;velopper toute l'&#233;tendue des talents qu'il a re&#231;us de la nature ; et par-l&#224;, &#233;tablir entre les citoyens une &#233;galit&#233; de fait et rendre r&#233;elle l'&#233;galit&#233; politique reconnue par la loi. Tel doit &#234;tre le premier but d'une instruction nationale et, sous ce point de vue elle est, pour la puissance publique, un devoir de justice. &lt;br class='autobr' /&gt;
Diriger l'enseignement de mani&#232;re que la perfection des arts augmente les jouissances de la g&#233;n&#233;ralit&#233; des citoyens et l'aisance de ceux qui les cultivent, qu'un plus grand nombre d'hommes deviennent capables de bien remplir les fonctions n&#233;cessaires &#224; la soci&#233;t&#233; et que les progr&#232;s toujours croissants des lumi&#232;res ouvrent une source in&#233;puisable de secours dans nos besoins, de rem&#232;des dans nos maux, de moyens de bonheur individuel et de prosp&#233;rit&#233; commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cultiver enfin dans chaque g&#233;n&#233;ration les facult&#233;s physiques, intellectuelles et morales, et par l&#224; contribuer &#224; ce perfectionnement g&#233;n&#233;ral et graduel de l'esp&#232;ce humaine, dernier but vers lequel toute institution sociale doit &#234;tre dirig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel doit &#234;tre l'objet de l'instruction, et c'est pour la puissance publique un devoir impos&#233; par l'int&#233;r&#234;t commun de la soci&#233;t&#233;, par celui de l'humanit&#233; enti&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Tant qu'il y aura des hommes qui n'ob&#233;iront pas &#224; la raison seule, qui recevront leurs opinions d'une opinion &#233;trang&#232;re, en vain toutes les cha&#238;nes auraient &#233;t&#233; bris&#233;es, en vain ces opinions de commande seraient d'utiles v&#233;rit&#233;s le genre humain n'en resterait pas moins partag&#233; en deux classes celle des hommes qui raisonnent, et celle des hommes qui croient, celle des ma&#238;tres et celle des esclaves...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Morale la&#239;que.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Les principes de la morale enseign&#233;s dans les &#233;coles et dans les instituts seront ceux qui, fond&#233;s sur nos sentiments naturels et sur la raison, appartiennent &#233;galement &#224; tous les hommes. La Constitution, en reconnaissant le droit qu'a chaque individu de choisir son culte, en &#233;tablissant une enti&#232;re &#233;galit&#233; entre tous les habitants de la France, ne permet point d'admettre, dans l'instruction publique, un enseignement, qui, en repoussant les enfants d'une partie des citoyens, d&#233;truirait l'&#233;galit&#233; des avantages sociaux et donnerait &#224; des dogmes particuliers un avantage contraire &#224; la libert&#233; des opinions. Il &#233;tait donc rigoureusement n&#233;cessaire de s&#233;parer de la morale les principes de toute religion particuli&#232;re, et de n'admettre dans l'instruction publique l'enseignement d'aucun culte religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun d'eux doit &#234;tre enseign&#233; dans les temples par ses propres ministres. Les parents, quelle que soit leur opinion sur la n&#233;cessit&#233; de telle ou telle religion, pourront alors, sans r&#233;pugnance envoyer leurs enfants dans les &#233;tablissements nationaux ; et la puissance publique n'aura point usurp&#233; sur les droits de la conscience sous pr&#233;texte de l'&#233;clairer et de la conduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, combien n'est-il pas important de fonder la morale sur les seuls principes de la raison ! Quelque changement que subissent les opinions d'un homme dans le cours de sa vie, les principes &#233;tablis sur cette base, resteront toujours &#233;galement vrais, ils seront toujours invariables comme elle ; il les opposera aux tentatives que l'on pourrait faire pour &#233;garer sa conscience, elle, conservera son ind&#233;pendance et sa rectitude. et on ne verra plus ce spectacle si affligeant d'hommes qui s'imaginent remplir leurs devoirs en violant les droits les plus sacr&#233;s et ob&#233;ir &#224; Dieu en trahissant leur patrie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui croient encore &#224; la n&#233;cessit&#233; d'appuyer la morale sur une religion particuli&#232;re doivent eux-m&#234;mes approuver cette s&#233;paration : car, sans doute ce n'est pas la v&#233;rit&#233; des principes de la morale qu'ils font d&#233;pendre de leurs dogmes ; ils pensent seulement que les hommes y trouvent des motifs plus puissants d'&#234;tre justes ; et ces motifs n'acquerront-ils pas une force plus grande sur tout esprit capable de r&#233;fl&#233;chir s'ils ne sont employ&#233;s qu'&#224; fortifier ce que la raison et le sentiment int&#233;rieur ont d&#233;j&#224; command&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dira-t-on que l'id&#233;e de cette s&#233;paration s'&#233;l&#232;ve trop au-dessus lumi&#232;res actuelles au peuple ? Non, sans doute, car, puisqu'il s'agit ici d'instruction publique, tol&#233;rer une erreur, ce serait s'en rendre complice, ne pas consacrer hautement la v&#233;rit&#233;, ce serait la trahir. Et quand bien m&#234;me il serait vrai que des m&#233;nagements politiques puissent encore, pendant quelque temps, souiller les lois d'une nation libre, quand cette doctrine insidieuse ou faible trouverait une excuse dans la stupidit&#233; qu'on se pla&#238;t &#224; supposer dans le peuple, pour avoir un pr&#233;texte de le tromper ou de l'opprimer, du moins l'instruction qui doit amener le temps o&#249; ces m&#233;nagements seront inutiles, ne peut appartenir qu'&#224; la v&#233;rit&#233; seule et doit lui appartenir tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gratuit&#233; et facilit&#233;s.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans (les) quatre degr&#233;s d'instruction, l'enseignement sera totalement gratuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acte constitutionnel le prononce pour le premier degr&#233;, et le second, qui peut aussi &#234;tre regard&#233; comme g&#233;n&#233;ral, ne pourrait cesser d'&#234;tre gratuit sans &#233;tablir une in&#233;galit&#233; favorable &#224; la classe la plus riche, qui paye les contributions &#224; proportion de ses facult&#233;s, et ne payerait l'enseignement qu'&#224; raison du nombre d'enfants qu'elle fournirait aux &#233;coles secondaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux autres degr&#233;s, il importe &#224; la prosp&#233;rit&#233; publique de donner aux enfants des classes pauvres, qui sont les plus nombreuses, la possibilit&#233; de d&#233;velopper leurs talents : c'est un moyen non seulement d'assurer &#224; la patrie le plus de citoyens en &#233;tat de la servir, aux sciences le plus d'hommes capables de contribuer &#224; leur progr&#232;s, mais encore de diminuer cette in&#233;galit&#233; qui na&#238;t de la diff&#233;rence des fortunes, de m&#234;ler entre elles les classes que cette diff&#233;rence tend &#224; s&#233;parer..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de CONDORCET&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_33 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:200px;&#034; data-w=&#034;200&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:91.428571428571%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.laicite-aujourdhui.fr/index.php?action=image_responsive&amp;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;taille=70&amp;1195063849' alt='' data-src='IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg' data-l='70' data-h='64' data-tailles='[\&#034;200\&#034;]' class='image_responsive avec_picturefill' srcset='index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;#38;taille=70&amp;#38;1195063849 1x,index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;#38;taille=70&amp;#38;1195063849 2x' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>La la&#239;cit&#233; de l'&#233;cole . . . F. BUISSON</title>
		<link>https://www.laicite-aujourdhui.fr/?La-laicite-de-l-ecole-F-BUISSON</link>
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		<dc:date>2007-01-16T15:48:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Nouveau dictionnaire de p&#233;dagogie et d'instruction primaire, ed. Hachette 1911 &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;finition du terme : LAICIT&#201; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mot est nouveau, et, quoique correctement form&#233;, il n'est pas encore d'un usage g&#233;n&#233;ral. Cependant le n&#233;ologisme est n&#233;cessaire, aucun autre terme ne permettant d'exprimer sans p&#233;riphrase la m&#234;me id&#233;e dans son ampleur. La la&#239;cit&#233; de l'&#233;cole &#224; tous les degr&#233;s n'est autre chose que l'application &#224; l'&#233;cole du r&#233;gime qui a pr&#233;valu dans toutes nos institutions sociales. Nous sommes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure class='spip_document_37 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:200px;&#034; data-w=&#034;200&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:52.5%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.laicite-aujourdhui.fr/index.php?action=image_responsive&amp;img=IMG/jpg/cognassierpetite.jpg&amp;taille=120&amp;1195063783' alt='' data-src='IMG/jpg/cognassierpetite.jpg' data-l='120' data-h='63' data-tailles='[\&#034;200\&#034;]' class='image_responsive avec_picturefill' srcset='index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/cognassierpetite.jpg&amp;#38;taille=120&amp;#38;1195063783 1x,index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/cognassierpetite.jpg&amp;#38;taille=120&amp;#38;1195063783 2x' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Nouveau dictionnaire de p&#233;dagogie et d'instruction primaire, ed. Hachette 1911&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;finition du terme : &lt;strong&gt;LAICIT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mot est nouveau, et, quoique correctement form&#233;, il n'est pas encore d'un usage g&#233;n&#233;ral. Cependant le n&#233;ologisme est n&#233;cessaire, aucun autre terme ne permettant d'exprimer sans p&#233;riphrase la m&#234;me id&#233;e dans son ampleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
La la&#239;cit&#233; de l'&#233;cole &#224; tous les degr&#233;s n'est autre chose que l'application &#224; l'&#233;cole du r&#233;gime qui a pr&#233;valu dans toutes nos institutions sociales. Nous sommes partis comme la plupart des peuples, d'un &#233;tat de choses qui consistait essentiellement dans la confusion de tous les pouvoirs et de tous les domaines, dans la subordination de toutes les autorit&#233;s &#224; une autorit&#233; unique, celle de la religion. Ce n'est que par le lent travail des si&#232;cles que peu &#224; peu les diverses fonctions de la vie publique se sont distingu&#233;es , s&#233;par&#233;es les unes des autres et affranchies de la tutelle &#233;troite de l'Eglise. La force des choses a de tr&#232;s bonne heure amen&#233; la s&#233;cularisation de l'arm&#233;e, puis celle des fonctions administratives et civiles, puis celle de la justice. Toute soci&#233;t&#233; qui ne veut pas rester &#224; l'&#233;tat de th&#233;ocratie pure est bient&#244;t oblig&#233;e de constituer comme forces distinctes de l'Eglise, sinon ind&#233;pendantes et souveraines, les trois pouvoirs l&#233;gislatifs, ex&#233;cutif, judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la s&#233;cularisation n'est pas compl&#232;te quand sur chacun de ces pouvoirs et sur tout l'ensemble de la vie publique et priv&#233;e le clerg&#233; conserve un droit d'immixtion, de surveillance, de contr&#244;le et de veto. Telle &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment la situation de notre soci&#233;t&#233; jusqu'&#224; la D&#233;claration universelle des droits de l'homme. La R&#233;volution fran&#231;aise fit appara&#238;tre pour la premi&#232;re fois dans sa nettet&#233; enti&#232;re l'id&#233;e de l'Etat la&#239;que, de l'Etat neutre entre tous les cultes, ind&#233;pendant de tous les clerg&#233;s, d&#233;gag&#233; de toute conception th&#233;ologique. L'&#233;galit&#233; de tous les Fran&#231;ais devant la loi, la libert&#233; de tous les citoyens, la constitution de l'&#233;tat civil et du mariage civil, et en g&#233;n&#233;ral l'exercice de tous les droits civils d&#233;sormais assur&#233; en dehors de toute condition religieuse, telles furent les mesures d&#233;cisives qui consomm&#232;rent l'&#339;uvre de s&#233;cularisation. Malgr&#233; les r&#233;actions, malgr&#233; tant de retours directs ou indirects &#224; l'ancien r&#233;gime, malgr&#233; pr&#232;s d'un si&#232;cle d'oscillations et d'h&#233;sitations politiques, le principe a surv&#233;cu : la grande id&#233;e la notion fondamentale de l'Etat la&#239;que, c'est &#224; dire la d&#233;limitation profonde entre le temporel et le spirituel, est entr&#233;e dans nos m&#339;urs de mani&#232;re &#224; ne plus en sortir. Les incons&#233;quences dans la pratique, les concessions de d&#233;tail, les hypocrisies masqu&#233;es sous le nom de respect des traditions, rien n'a pu emp&#234;cher la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de devenir, &#224; tout prendre, la plus la&#239;que, la plus s&#233;culi&#232;re de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul domaine avait &#233;chapp&#233; jusqu'&#224; ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; cette transformation : c'&#233;tait l'instruction publique, ou plus exactement l'instruction primaire, car l'enseignement sup&#233;rieur n'&#233;tait plus tenu depuis longtemps &#224; aucune suj&#233;tion, et quant &#224; l'enseignement secondaire, il n'y &#233;tait plus astreint que pour ses &#233;l&#232;ves internes, c'est &#224; dire en tant que l'Etat se substituant aux familles est tenu d'assurer eaux enfants, dans les murs des coll&#232;ges o&#249; ils sont enferm&#233;s, les moyens d'instruction religieuse qu'ils ne peuvent aller rechercher au dehors. L'enseignement primaire public, au contraire, restait essentiellement confessionnel : non seulement l'&#233;cole devait donner un enseignement dogmatique formel, mais encore, et par une cons&#233;quence facile &#224; pr&#233;voir, tout dans l'&#233;cole, ma&#238;tres et &#233;l&#232;ves, programmes et m&#233;thodes, livres, r&#232;glements, &#233;tait plac&#233; sous l'inspection ou sous la direction des autorit&#233;s religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire m&#234;me de notre enseignement primaire expliquait ce r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par des motifs divers, tous les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233; chez nous depuis le Consulat avaient r&#233;pudi&#233; les projets de la Convention et mis tous leurs soins &#224; reconstituer et &#224; maintenir le syst&#232;me ancien de l'&#233;cole confessionnelle. Un syst&#232;me qui a pour lui une existence de plusieurs si&#232;cles, tout un ensemble d'&#233;coles form&#233;es et de ma&#238;tres en possession d'&#233;tat, qui a de plus l'approbation du clerg&#233; , celle de tous les partis sauf un seul, et qui a enfin en sa faveur des consid&#233;rations &#233;conomiques toujours puissantes m&#234;me aupr&#232;s des municipalit&#233;s th&#233;oriquement oppos&#233;es &#224; l'enseignement cl&#233;rical, ce syst&#232;me ne pouvait &#234;tre abandonn&#233;. Et pour qu'un gouvernement r&#233;sol&#251;t d'y substituer hardiment le r&#233;gime de la la&#239;cit&#233;, il fallait que d'une part l'opinion publique f&#251;t revenue aux traditions de 1789 et 1792 et vit d'une vue bien claire la n&#233;cessit&#233; d'accomplir dans l'instruction publique la m&#234;me r&#233;volution que dans tout le reste de nos institutions, et il fallait d'autre part que le gouvernement f&#251;t en mesure de lever les nombreux obstacles pr&#233;alables qui emp&#234;chaient de songer &#224; cette transformation, c'est &#224; dire qu'il f&#251;t ma&#238;tre de l'enseignement public, qu'il en tint le budget dans sa main, qu'il l'e&#251;t rendu gratuit et obligatoire, qu'il l'eut d&#233;gag&#233; de la tutelle des communes et de celle des bienfaiteurs de toute sorte qui, sous pr&#233;texte de le doter plus ou moins richement, se r&#233;servaient le droit de le faire diriger &#224; leur gr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; une date tr&#232;s r&#233;cente encore que ces diverses conditions se sont trouv&#233;es remplies et que la loi fran&#231;aise a pu &#233;tablir la la&#239;cit&#233; de l'&#233;cole primaire. On sait apr&#232;s quels d&#233;bats acharn&#233;s et au prix de quels efforts pers&#233;v&#233;rants la loi du 28 mars 1882 a pu &#234;tre promulgu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques pays nous avaient pr&#233;c&#233;d&#233; dans cette voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le commencement du si&#232;cle, la Hollande avait adopt&#233; le principe de l'&#233;cole neutre : la loi de 1806 excluait de l'&#233;cole l'enseignement religieux dogmatique et stipulait que cet enseignement ne pourrait &#234;tre donn&#233; qu'en dehors des heures de classe, par les membres des diff&#233;rentes confessions. La loi de 1857 disait : &#171; L'instruction religieuse est abandonn&#233;e aux communions religieuses. Les locaux scolaires pourront, en dehors des heures de classe, &#234;tre mis &#224; leur disposition pour les &#233;l&#232;ves qui fr&#233;quentent l'&#233;cole. &#187;. Les lois du 17 ao&#251;t 1879 et 3 et 5 juin 1905 ont maintenu cette disposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Autriche, le loi du 14 mai 1869, tout en pla&#231;ant la religion au nombre des branches obligatoires d'enseignement &#224; l'&#233;cole primaire, dit que l'enseignement religieux doit &#234;tre donn&#233; par les ministres des diff&#233;rents cultes. Toutefois dans les localit&#233;s o&#249; il n'y a pas d'eccl&#233;siastiques, l'instituteur peut &#234;tre autoris&#233; &#224; donner des le&#231;ons de religion aux enfants de sa confession.&lt;br class='autobr' /&gt;
En Suisse, la constitution f&#233;d&#233;rale de 1874 porte (article 27) : &#171; Les &#233;coles publiques doivent pouvoir &#234;tre fr&#233;quent&#233;es par les adh&#233;rents de toutes les confessions sans qu'ils aient &#224; souffrir d'aucune fa&#231;on dans leur libert&#233; de conscience et de croyance &#187;. Cette disposition n'institue pas d'une mani&#232;re formelle la la&#239;cit&#233; de l'&#233;cole primaire ; aussi, dans presque tous les cantons, l'&#233;cole est-elle rest&#233;e confessionnelle ; l'enfant appartenant &#224; un culte autre que celui que professe la majorit&#233; des &#233;l&#232;ves est simplement dispens&#233; d'assister aux le&#231;ons de religion. Quelques cantons ont toutefois introduit chez eux la la&#239;cit&#233; du personnel enseignant, c'est &#224; dire que les personnes appartenant &#224; des ordres religieux ne peuvent enseigner dans les &#233;coles publiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux Etats- Unis, l'&#233;cole publique donne g&#233;n&#233;ralement un enseignement religieux non dogmatique, sous la forme de lecture de passages de la Bible ; mais un certain nombre de villes ont &#233;tabli la neutralit&#233; absolue de l'&#233;cole, c'est &#224; dire ont supprim&#233; la pri&#232;re et la lecture de la Bible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie, la loi du 15 juillet 1877 a ray&#233; le cat&#233;chisme et l'histoire sainte du nombre des mati&#232;res obligatoires. Quelques communes ont profit&#233; de cette disposition pour donner &#224; leurs &#233;coles primaires un caract&#232;re de neutralit&#233; ; mais le plus grand nombre ont maintenu comme par le pass&#233;, l'enseignement religieux, devenu facultatif aux termes de la loi, mais suivi en fait par l'unanimit&#233; des &#233;l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gislation fran&#231;aise est la seule qui ait &#233;tabli le r&#233;gime de la la&#239;cit&#233; d'une logique et compl&#232;te : la&#239;cit&#233; de l'enseignement, la&#239;cit&#233; du personnel enseignant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que faut-il entendre par la&#239;cit&#233; de l'enseignement ? Nous estimons qu'il faut prendre ces mots dans le sens qui se pr&#233;sente le premier &#224; l'esprit, c'est &#224; dire dans leur acception la plus correcte et la plus simple : l'enseignement primaire est la&#239;que, en ce qu'il ne se confond plus avec l'enseignement religieux. L'&#233;cole, de confessionnelle qu'elle &#233;tait, est devenue la&#239;que, c'est &#224; dire &#233;trang&#232;re &#224; toute &#233;glise ; elle n'est plus seulement &#171; mixte quant au culte &#187;, situation qui pendant longtemps a marqu&#233; pour ainsi dire, la transition entre les deux r&#233;gimes : elle est &#171; neutre quant au culte &#187;. Les &#233;l&#232;ves de toutes les communions y sont indistinctement admis, mais les repr&#233;sentants d'aucune communion n'y ont plus d'autorit&#233;, n'y ont plus acc&#232;s. C'est la s&#233;paration, si longtemps demand&#233;e en vain, de l'&#233;glise et de l'&#233;cole. L'instituteur &#224; l'&#233;cole, le cur&#233; &#224; l'&#233;glise, le maire &#224; la mairie. Nul ne peut se dire proscrit du domaine o&#249; il n'a pas entr&#233;e : c'est le fait m&#234;me de la distinction des attributions qui n'a rien de blessant pour personne ni de pr&#233;judiciable pour aucun service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duit &#224; ces termes, le probl&#232;me de la la&#239;cit&#233; ne peut donner lieu ni &#224; de bien vives discussions, ni &#224; des difficult&#233;s s&#233;rieuses, quelques efforts qu'on tente pour les faire na&#238;tre. Mais est-il possible de se tenir &#224; ces lignes g&#233;n&#233;rales ? Le culte de la logique, que nous professons plus peut &#234;tre qu'un autre peuple, n'exige -t-il pas que nous disions o&#249; commence et o&#249; finit la la&#239;cit&#233; ? Suffit-il que le pr&#234;tre n'entre pas dans l'&#233;cole, que le cat&#233;chisme n'y soit pas enseign&#233; ni les pri&#232;res r&#233;cit&#233;es, pour que l'enseignement lui-m&#234;me soit la&#239;que ? Si l'instituteur lui-m&#234;me a des convictions religieuses, comment ne les communiquera-t-il pas &#224; ses &#233;l&#232;ves ? S'il n'en a pas ou s'il les dissimule, sera-t-il vraiment &#224; la hauteur de se mission &#233;ducatrice ? Ainsi envisag&#233;, le probl&#232;me s'&#233;l&#232;ve et s'&#233;tend, la question l&#233;gislative et administrative fait place &#224; la question philosophique et p&#233;dagogique. Essayons sinon de la r&#233;soudre, du moins d'indiquer en quel sens la solution nous semble devoir &#234;tre cherch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si par la&#239;cit&#233; de l'enseignement primaire, il fallait entendre la r&#233;duction de cet enseignement &#224; l'&#233;tude de la lecture et de l'&#233;criture, de l'orthographe et de l'arithm&#233;tique, &#224; des le&#231;ons de choses et &#224; des le&#231;ons de mots, toute allusion aux id&#233;es morales, philosophiques et religieuses &#233;tant interdite comme une infraction &#224; la stricte neutralit&#233;, nous n'h&#233;sitons &#224; dire que c'en serait fait de notre enseignement national. Ce serait ramener l'instituteur au r&#244;le presque machinal de l'ancien magister dont les deux attributs distinctifs &#233;taient la f&#233;rule et la plume d'oie, l'une r&#233;sumant toute sa m&#233;thode et l'autre tout son art. Si l'instituteur ne doit pas &#234;tre un &#233;ducateur, quelques titres qu'on lui donne, quelque position qu'on lui assure, quelque savoir qu'il poss&#232;de, sa mission est amoindrie et tronqu&#233;e au point de n'&#234;tre plus digne du respect qui l'entoure aujourd'hui. L'enfant du peuple a besoin d'autre chose que de l'apprentissage technique de l'alphabet et de la table de Pythagore ; il a besoin, comme on l'a si heureusement dit, d'une &#233;ducation lib&#233;rale, et c'est la dignit&#233; de l'instituteur et la noblesse de l'&#233;cole de donner cette &#233;ducation sans sortir des cadres modestes de l'enseignement populaire. Or qui peut pr&#233;tendre qu'il y ait une &#233;ducation sans un ensemble d'influences morales, sans une certaine culture g&#233;n&#233;rale de l'&#226;me, sans quelques notions sur l'homme lui-m&#234;me, sur ses devoirs et sur sa destin&#233;e ? Il faut donc que l'instituteur puisse &#234;tre un ma&#238;tre de morale en m&#234;me temps qu'un ma&#238;tre de langue ou de calcul, pour que son oeuvre soit compl&#232;te. Il faut qu'il continue &#224; avoir charge d'&#226;mes et &#224; en &#234;tre profond&#233;ment p&#233;n&#233;tr&#233;. Il faut qu'il ait le droit et le devoir de parler au coeur qu'&#224; l'esprit, de surveiller dans chaque enfant l'&#233;ducation de la conscience au moins &#224; l'&#233;gal de toute autre partie de son enseignement. Et un tel r&#244;le est incompatible avec l'affectation de la neutralit&#233;, ou de l'indiff&#233;rence, ou du mutisme obligatoire sur toutes les questions d'ordre moral, philosophique et religieux. &#171; Il y a bien deux esp&#232;ces de neutralit&#233; de l'&#233;cole, disait tr&#232;s bien le ministre de l'instruction publique au cours de la discussion de la loi de 1882 : il y a la neutralit&#233; confessionnelle et la neutralit&#233; philosophique. Et il ne s'agit dans cette loi que de le neutralit&#233; philosophique. Et il ne s'agit dans cette loi que de la neutralit&#233; confessionnelle &#187;. L'instituteur se doit, doit &#224; ses &#233;l&#232;ves et doit &#224; l'Etat de ne prendre parti dans l'exercice de ses fonctions ni pour ni contre aucun culte, aucune &#233;glise, aucune doctrine religieuse, ce domaine &#233;tant et devant rester le domaine sacr&#233; de la conscience. Mais on pousserait le syst&#232;me &#224; l'absurde si l'on pr&#233;tendait demander au ma&#238;tre de ne pas prendre parti entre le bien et le mal, entre la morale du devoir et la morale du plaisir, entre le patriotisme et l'&#233;go&#239;sme, si on lui interdisait de faire appel aux sentiments g&#233;n&#233;reux, aux &#233;motions nobles, &#224; toutes ces grandes et hautes id&#233;es morales que l'humanit&#233; se transmet sous des noms divers depuis quelques mille ans comme le patrimoine de la civilisation et du progr&#232;s. Et le ministre a eu raison, aussi longtemps qu'a dur&#233; la discussion de cette loi, et malgr&#233; tous les efforts de ses adversaires, de s'obstiner &#224; les ramener toujours de la sp&#233;culation et de la logique &#224; outrance aux faits et aux consid&#233;rations pratiques ; il avait pour lui le bon sens et l'exp&#233;rience quand il soutenait qu'en somme l'enseignement de la morale n'est ni une impossibilit&#233;, ni une contradiction avec le caract&#232;re neutre de l'&#233;cole. - Mais quelle morale ? ne cessait-on de lui demander. Et il ne cessait de r&#233;pondre : &#171; Mais tout simplement la bonne vieille morale de nos p&#232;res, la n&#244;tre, la v&#244;tre, car nous n'en avons qu'une. Nous avons plusieurs th&#233;ories, mais dans la pratique c'est la m&#234;me morale que nous avons re&#231;ue de nos parents et que nous transmettons &#224; nos enfants. Oui, ajoutait-il en terminant, quoique vous fassiez pour obscurcir cette notion, oui, la soci&#233;t&#233; la&#239;que peut donner un enseignement moral, oui les instituteurs peuvent enseigner la morale sans se livrer aux recherches m&#233;taphysiques. Ce n'est pas le principe de la chose qu'ils enseigneront, c'est la chose elle-m&#234;me, c'est la bonne, la vieille, l'antique morale humaine &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La la&#239;cit&#233; de l'&#233;cole n'exclut donc pas l'&#233;ducation morale, elle lui donne au contraire un r&#244;le et une port&#233;e qu'elle n'avait jamais eus auparavant. Aussi les nouveaux programmes ont-ils fait une place &#224; part &#224; cet enseignement la&#239;que de la morale, en lui imprimant un caract&#232;re distinct de tous les autres enseignements.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tandis que les autres &#233;tudes, dit l'instruction du 27 juillet 1882, d&#233;veloppent chacune un ordre sp&#233;cial d'aptitudes et de connaissances utiles, celle-ci tant &#224; d&#233;velopper dans l'homme l'homme lui-m&#234;me, c'est &#224; dire un c&#339;ur, une intelligence, une conscience Cette &#233;laboration n'a pas pour but de faire savoir, mais de faire vouloir ; elle &#233;meut plus qu'elle ne d&#233;montre ; devant agir&lt;br class='autobr' /&gt;
sur l'&#234;tre sensible, elle proc&#232;de plus du c&#339;ur que du raisonnement ; elle n'entreprend pas d'analyser toutes les raisons de l'acte moral, elle cherche avant tout &#224; le produire, &#224; le r&#233;p&#233;ter, &#224; en faire une habitude qui gouverne la vie. A l'&#233;cole primaire surtout, ce n'est pas une science, c'est un art, l'art d'incliner la volont&#233; lire vers le bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'instituteur est charg&#233; de cette partie de l'&#233;ducation, en m&#234;me temps que des autres, comme repr&#233;sentant de la soci&#233;t&#233; : la soci&#233;t&#233; la&#239;que et d&#233;mocratique a en effet l'int&#233;r&#234;t le plus direct &#224; ce que tous ses membres soient initi&#233;s de bonne heure et par des le&#231;ons ineffa&#231;ables au sentiment de leur dignit&#233; et &#224; un sentiment non moins profond de leur devoir et de leur responsabilit&#233; personnelle....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sa mission est donc bien d&#233;finie : elle consiste &#224; fortifier, &#224; enraciner dans l'&#226;me de ses &#233;l&#232;ves pour toute leur vie, en les faisant passer dans la pratique quotidienne, ces notions essentielles de moralit&#233; humaine, communes &#224; toues les doctrines et n&#233;cessaires &#224; tous les hommes civilis&#233;s. Il peut remplir cette mission sans avoir &#224; faire personnellement ni adh&#233;sion, ni opposition &#224; aucune des diverses croyances confessionnelles auxquelles ses &#233;l&#232;ves associent et m&#234;lent les principes g&#233;n&#233;raux de la morale. Il prend ces enfants tels qu'ils lui viennent, avec leurs id&#233;es et leur langage, avec les croyances qu'ils tiennent de la famille, et il n'a d'autre souci que de leur apprendre &#224; en tirer ce qu'elles contiennent de plus pr&#233;cieux au point de vue social, c'est &#224; dire les pr&#233;ceptes d'une haute moralit&#233;... Plus tard, devenus citoyens, ils seront peut-&#234;tre s&#233;par&#233;s par des opinions dogmatiques, mais du moins ils seront d'accord dans la pratique pour placer le but de la vie aussi haut que possible, pour avoir la m&#234;me horreur de tout ce qui est bas et vil, la m&#234;me admiration de ce qui est noble et g&#233;n&#233;reux, la m&#234;me d&#233;licatesse dans l'appr&#233;ciation du devoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la la&#239;cit&#233; du personnel enseignant, elle fut pos&#233;e dans le principe par la loi du 30 octobre 1886, qui dit, &#224; l'article 17 : &#171; Dans les &#233;coles publiques de tout ordre, l'enseignement est exclusivement confi&#233; &#224; un personnel la&#239;que &#187;. Mais la transition fut m&#233;nag&#233;e par les dispositions de l'article suivant. Ce fut seulement dans les d&#233;partements o&#249; une &#233;cole normale soit d'instituteurs, soit d'institutrices, aurait fonctionn&#233; depuis quatre ans, qu'il ne serait fait aucune nomination nouvelle soit d'instituteur, soit d'institutrice congr&#233;ganiste. Pour les &#233;coles de gar&#231;ons, la loi fixa un d&#233;lai &#224; l'expiration duquel la substitution du personnel la&#239;que au personnel congr&#233;ganiste devait &#234;tre achev&#233;e : la la&#239;cisation devait &#234;tre compl&#232;te dans un laps de temps de cinq ans apr&#232;s la promulgation de la loi. Pour les &#233;coles de filles, comme la difficult&#233; &#224; se procurer un personnel la&#239;que f&#233;minin &#233;tait plus grande, aucun d&#233;lais ne fut imparti par la loi de 1886 ; mais, seize ans plus tard, l'article 70 de la loi de finances du 30 mars 1902 combla cette lacune en ces termes : &#171; dans les &#233;coles primaires publiques de tout ordre ayant un personnel congr&#233;ganiste, la substitution du personnel la&#239;que au personnel congr&#233;ganiste devra &#234;tre compl&#232;te dans le laps de trois ans &#224; partir du 1er janvier 1903. Toutefois ce d&#233;lai pourra &#234;tre port&#233; &#224; dix ans &#224; compter de la m&#234;me date pour les communes o&#249; la la&#239;cisation rendra n&#233;cessaire l'acquisition ou la construction d'une maison d'&#233;cole. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1901, ce ne fut plus dans l'&#233;cole publique seulement, mais dans l'&#233;cole priv&#233;e, qu'une partie du personnel congr&#233;ganiste se vit refuser le droit d'enseigner : l'article 14 de la loi du 1er juillet 1901 interdit l'enseignement aux membres des congr&#233;gations non autoris&#233;es. La loi du 7 juillet 1904 alla plus loin et acheva la suppression totale de l'enseignement congr&#233;ganiste : elle d&#233;clara, dans son article 1er, que &#171; l'enseignement de tout ordre et de toute nature est interdit en France aux congr&#233;gations &#187;, et que &#171; les congr&#233;gations exclusivement enseignantes seront supprim&#233;es dans un d&#233;lai maximum de dix ans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_36 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:200px;&#034; data-w=&#034;200&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre aux instituteurs . . . . Jules FERRY</title>
		<link>https://www.laicite-aujourdhui.fr/?Lettre-aux-instituteurs-Jules</link>
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		<dc:date>2007-01-16T15:48:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Jules Ferry : LETTRE AUX INSTITUTEURS &lt;br class='autobr' /&gt;
Monsieur l'instituteur, &lt;br class='autobr' /&gt; Des diverses obligations que le r&#233;gime nouveau vous impose, celle, assur&#233;ment, qui vous tient le plus &#224; c&#339;ur, celle qui vous apporte le plus lourd surcro&#238;t de travail et de souci, c'est la mission qui vous est confi&#233;e de donner &#224; vos &#233;l&#232;ves l'&#233;ducation morale et l'instruction civique ; vous me saurez gr&#233; de r&#233;pondre &#224; vos pr&#233;occupations en essayant de bien fixer le caract&#232;re et l'objet de ce nouvel enseignement. &lt;br class='autobr' /&gt;
La loi (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.laicite-aujourdhui.fr/?-a-lire-ou-a-relire-" rel="directory"&gt;A lire ou &#224; relire...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jules Ferry : LETTRE AUX INSTITUTEURS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur l'instituteur,&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_34 spip_documents spip_documents_right' style=&#034;max-width:200px;&#034; data-w=&#034;200&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Des diverses obligations que le r&#233;gime nouveau vous impose, celle, assur&#233;ment, qui vous tient le plus &#224; c&#339;ur, celle qui vous apporte le plus lourd surcro&#238;t de travail et de souci, c'est la mission qui vous est confi&#233;e de donner &#224; vos &#233;l&#232;ves l'&#233;ducation morale et l'instruction civique ; vous me saurez gr&#233; de r&#233;pondre &#224; vos pr&#233;occupations en essayant de bien fixer le caract&#232;re et l'objet de ce nouvel enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi du 28 mars se caract&#233;rise par deux dispositions qui se compl&#232;tent sans se contredire : d'une part, elle met en dehors du programme obligatoire l'enseignement de tout dogme particulier ; d'autre part, elle y place au premier rang l'enseignement moral et civique. L'instruction religieuse appartient aux familles et &#224; l' Eglise, l'instruction morale &#224; l'Ecole. Le l&#233;gislateur n'a donc pas entendu faire une &#339;uvre purement n&#233;gative. Sans doute, il a eu pour premier objet de s&#233;parer l' Ecole de l' Eglise, d'assurer la libert&#233; de conscience et des ma&#238;tres et des &#233;l&#232;ves, de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus : celui des croyances, qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances qui sont communes et indispensables &#224; tous, de l'aveu de tous. Mais il y a autre chose dans la loi du 28 mars : elle affirme la volont&#233; de fonder chez nous une &#233;ducation nationale et de la fonder sur des notions du devoir et du droit, que le l&#233;gislateur n'h&#233;site pas &#224; inscrire au nombre des premi&#232;res v&#233;rit&#233;s que nul ne peut ignorer. Pour cette partie capitale de l'&#233;ducation, c'est sur vous, Monsieur, que les Pouvoirs Publics ont compt&#233;. En vous dispensant de l'enseignement religieux, on n'a pas song&#233; &#224; vous d&#233;charger de l'enseignement moral : &#231;'eut &#233;t&#233; vous enlever ce qui fait la dignit&#233; de votre profession. Au contraire, il a paru tout naturel que l'instituteur, en m&#234;me temps qu'il apprend aux enfants &#224; lire et &#224; &#233;crire, leur enseigne aussi ces r&#232;gles &#233;l&#233;mentaires de la vie morale, qui ne sont pas moins universellement accept&#233;es que celles du langage et du calcul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vous conf&#233;rant de telles fonctions, le Parlement s'est-il tromp&#233; ? A-t-il trop pr&#233;sum&#233; de vos forces, de votre bon vouloir, de votre comp&#233;tence ? Assur&#233;ment, il e&#251;t encouru ce reproche s'il avait imagin&#233; de charger tout &#224; coup quatre-vingt mille instituteurs et institutrices d'une sorte de cours ex professo sur les principes, les origines et les fins derni&#232;res de la morale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les uns vous disent : &#171; Votre t&#226;che d'&#233;ducateur est impossible &#224; remplir. &#187; Les autres : &#034;Elle est banale et insignifiante.&#034; C'est placer le but ou trop haut ou trop bas. Laissez-moi vous expliquer que la t&#226;che n'est ni au-dessus de vos forces, ni au-dessous de votre estime, et pourtant d'une grande importance ? extr&#234;mement simple, mais extr&#234;mement difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit que votre r&#244;le en mati&#232;re d'&#233;ducation morale est tr&#232;s limit&#233;. Vous n'avez &#224; enseigner, &#224; proprement parler, rien de nouveau, rien qui ne vous soit familier, comme &#224; tous les honn&#234;tes gens. Et quand on vous parle de mission et d'apostolat vous n'avez pas &#224; vous y m&#233;prendre . vous n'&#234;tes point l'ap&#244;tre d'un nouvel &#233;vangile ; le l&#233;gislateur n'a pas voulu faire de vous ni un philosophe, ni un th&#233;ologien improvis&#233;. Il ne vous demande rien qu'on ne puisse demander &#224; tout homme de c&#339;ur et de sens. Il est impossible que vous voyiez chaque jour tous les enfants, qui se pressent autour de vous, &#233;coutant vos le&#231;ons, observant votre conduite, s'inspirant de vos exemples, &#224; l'&#226;ge o&#249; l'esprit s'&#233;veille, o&#249; le c&#339;ur s'ouvre, o&#249; la m&#233;moire s'enrichit, sans que l'id&#233;e vous vienne aussit&#244;t de profiter de cette docilit&#233;, de cette confiance, pour leur transmettre, avec les connaissances scolaires proprement dites, les principes m&#234;mes de la morale, j'entends simplement de cette bonne et antique morale que nous avons re&#231;ue de nos p&#232;res et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie, sans nous mettre en peine d'en discuter les bases philosophiques. Vous &#234;tes l'auxiliaire et, &#224; certains &#233;gards, le suppl&#233;ant du p&#232;re de famille ; parlez donc &#224; son enfant comme vous voudriez que l'on parl&#226;t au v&#244;tre : avec force et autorit&#233;, toutes les fois qu'il s'agit d'une v&#233;rit&#233; incontest&#233;e, d'un pr&#233;cepte de la morale commune, avec la plus grande r&#233;serve, d&#232;s que vous risquez d'effleurer un sentiment religieux dont vous n'&#234;tes pas parfois vous &#233;tiez embarrass&#233; pour savoir jusqu'o&#249; il vous est d'aller dans votre enseignement moral, voici une r&#232;gle pratique &#224; laquelle vous pourrez vous en tenir. Au moment de proposer &#224; vos &#233;l&#232;ves un pr&#233;cepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve &#224; votre connaissance un seul honn&#234;te homme qui puisse &#234;tre froiss&#233; de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un p&#232;re de famille, je dis un seul, pr&#233;sent &#224; votre classe et vous &#233;coutant, pourrait, de bonne foi, refuser son assentiment &#224; ce qu'il entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon, parlez hardiment ; car ce que vous allez communiquer &#224; l'enfant, ce n'est pas que votre sagesse, c'est la sagesse du genre humain, c'est une de ces id&#233;es d'ordre universel que plusieurs si&#232;cles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l'humanit&#233;. Si &#233;troit que vous semble peut-&#234;tre un cercle d'action ainsi trac&#233;, faites-vous un devoir d'honneur de n'en jamais sortir. Restez en de&#231;&#224; de cette limite plut&#244;t que de vous exposer &#224; la franchir ; vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule &#224; cette chose d&#233;licate et sacr&#233;e qu'est la conscience de l'enfant. Mais une fois que vous vous &#234;tes ainsi loyalement enferm&#233; dans l'humaine et s&#251;re r&#233;gion de la morale usuelle, que vous demande-t-on ? Des discours ? des dissertations savantes ? de brillants expos&#233;s ? un docte enseignement ? Non, la famille et la soci&#233;t&#233; vous demandent de les aider (&#224; bien &#233;lever leurs enfants, &#224; en faire des honn&#234;tes gens. C'est dire qu'elles attendent de vous non des paroles, mais des actes, non pas un enseignement de plus &#224; inscrire au programme, mais un service tout pratique que vous pouvez rendre au pays plut&#244;t comme homme que comme professeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit plus l&#224; d'une s&#233;rie de v&#233;rit&#233;s &#224; d&#233;montrer, mais, ce qui est tout autrement laborieux, d'une longue suite d'influences morales &#224; exercer sur de jeunes &#234;tres &#224; force de patience, de fermet&#233;, de douceur, d'&#233;l&#233;vation dans le caract&#232;re et de puissance persuasive. On a compt&#233; sur vous pour leur apprendre &#224; bien vivre, par la mani&#232;re m&#234;me dont vous vivez avec eux et devant eux. On a os&#233; pr&#233;tendre pour vous que, d'ici &#224; quelques g&#233;n&#233;rations, les habitudes et les id&#233;es des populations au milieu desquelles vous aurez exerc&#233; attestent les bons effets de vos le&#231;ons de morale. Ce sera dans l'Histoire un honneur particulier pour notre corps enseignant d'avoir m&#233;rit&#233; d'inspirer aux chambres fran&#231;aises cette opinion qu'il y a dans chaque instituteur, dans chaque institutrice, un auxiliaire naturel du progr&#232;s moral et social, Une personne dont l'influence ne peut Manquer en quelque sorte, d'&#233;lever autour d'elle le niveau des m&#339;urs. Ce r&#244;le est assez beau pour que vous n'&#233;prouviez nul besoin de l'agrandir. D'autres se chargeront plus tard d'achever l'ouvre que vous &#233;bauchez dans l'enfant et d'ajouter &#224; l'enseignement primaire de la morale un Compl&#233;ment de culture philosophique ou religieuse. Pour vous, bornez-vous ;&#224; l'office que la soci&#233;t&#233; vous assigne 'et qui a aussi sa noblesse &#171; poser dans l'&#226;me des enfants les premiers et solides fondements de la simple moralit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une telle &#339;uvre, ce n'est pas avec des difficult&#233;s de th&#233;orie et de haute sp&#233;culation que vous avez &#224; mesurer ; C'est avec des d&#233;fauts, des vices, des pr&#233;jug&#233;s grossiers. Ces d&#233;fauts, il ne s'agit pas de les condamner ? tout le monde ne les condamne-t-il pas ? ? mais de les faire dispara&#238;tre par une succession de petites victoires obscur&#233;ment remport&#233;es. Il ne suffit donc pas que vos &#233;l&#232;ves aient compris et retenu vos le&#231;ons, il faut surtout que leur caract&#232;re s'en ressente ; ce n'est pas dans l'&#233;cole, c'est surtout hors de l'&#233;cole qu'on pourra juger ce qu'a valu votre enseignement. Au reste, voulez-vous en juger par vous-m&#234;mes d&#232;s &#224; pr&#233;sent, et voir si votre enseignement est bien engag&#233; dans cette voie, la seule bonne ? Vous leur avez parl&#233; par exemple du respect d&#251; &#224; la loi : si cette le&#231;on ne les emp&#234;che pas au sortir de la classe, de commettre une fraude, un acte, f&#251;t-il l&#233;ger, de contrebande ou de braconnage, vous n'avez rien fait encore. La le&#231;on de morale n'a pas port&#233;. Ou bien, vous leur avez expliqu&#233; ce que c'est que la Justice et la V&#233;rit&#233; : en sont-ils assez profond&#233;ment p&#233;n&#233;tr&#233;s pour aimer mieux avouer une faute que la dissimuler par un mensonge, pour se refuser &#224; une ind&#233;licatesse ou &#224; un passe-droit en leur faveur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez fl&#233;tri l'&#233;go&#239;sme et fait l'&#233;loge du d&#233;vouement : ont-ils, le moment d'apr&#232;s, abandonn&#233; un camarade en p&#233;ril, pour ne songer qu'&#224; eux-m&#234;mes ? Votre le&#231;on est &#224; recommencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce caract&#232;re plus pratique de l'&#233;ducation morale &#224; l'&#233;cole primaire, il nie semble facile de tirer les r&#232;gles qui doivent vous guider dans le choix de vos moyens d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule m&#233;thode vous permettra d'obtenir les r&#233;sultats que nous souhaitons : peu de formules, peu d'abstractions, beaucoup d'exemples et surtout d'exemples pris sur le vif de la r&#233;alit&#233;. Ces le&#231;ons veulent un autre ton, une autre allure que tout le reste de la classe, je ne sais quoi de plus personnel, de plus intime, de plus grave. Ce n'est pas le livre qui parle, ce n'est m&#234;me plus le fonctionnaire, c'est pour ainsi le p&#232;re de famille dans toute la sinc&#233;rit&#233; de sa conviction et de son talent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce &#224; dire qu'on puisse vous demander de vous r&#233;pandre en sorte d'improvisation perp&#233;tuelle, sans aliment et sans appui du dehors ? Personne n'y a song&#233; ; et, bien loin de vous manquer, les secours ext&#233;rieurs qui vous sont offerts ne peuvent vous embarrasser que par richesse et leur diversit&#233;. Des philosophes et des publicistes, dont quelques-uns comptent parmi les plus autoris&#233;s de notre temps et de notre pays, ont tenu &#224; honneur de se faire vos collaborateurs, ils ont mis &#224; votre disposition ce que leur doctrine a de plus pur et de plus &#233;lev&#233;. Rien ne prouve mieux le prix que l'opinion publique attache &#224; l'&#233;tablissement d'une forte culture morale par l'&#233;cole primaire. L'enseignement la&#239;que de la morale n'est donc estim&#233; ni impossible, ni inutile, que la mesure d&#233;cr&#233;t&#233;e par le l&#233;gislateur a &#233;veill&#233; aussit&#244;t un si sans &#233;cho dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici, cependant, qu'il importe de distinguer de plus pr&#232;s entre l'essentiel et l'accessoire, entre l'enseignement moral qui est obligatoire et les moyens d'enseignement qui ne le sont pas. Si quelques personnes au courant de la p&#233;dagogie moderne, ont pu croire que nos livres scolaires d'instruction morale et civique allaient &#234;tre une sorte de cat&#233;chisme nouveau, c'est l&#224; une erreur que ni vous, ni vos coll&#232;gues n'avez pu commettre. Aucun livre ne vous arrive impos&#233; par l'autorit&#233; universitaire. Comme tous les ouvrages que vous employez, et plus encore que tous les autres, le livre de morale est, entre vos mains, un auxiliaire et rien de plus, un instrument dont vous vous servez sans vous y asservir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les familles se m&#233;prendraient sur le caract&#232;re de votre enseignement moral si elles pouvaient croire qu'il r&#233;side dans l'usage exclusif d'un livre, m&#234;me excellent. C'est &#224; vous de mettre la v&#233;rit&#233; morale &#224; la port&#233;e de toutes les intelligences, m&#234;me de celles qui n'auraient, pour suivre vos le&#231;ons, le secours d'aucun manuel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, vous le voyez, dans ces trois degr&#233;s , ce qui importe, ce n'est pas l'action du livre, c'est la v&#244;tre. Il ne faudrait pas que le livre vint, en quelque sorte, s'interposer entre vos &#233;l&#232;ves et vous, refroidir vos paroles, en &#233;mousser l'impression sur l'&#226;me des &#233;l&#232;ves, vous r&#233;duire au r&#244;le de simple r&#233;p&#233;titeur de la morale. Le livre est fait pour vous, et non vous pour le livre. Il est votre conseiller et votre guide, mais c'est Vous qui devez rester le guide et le conseiller par excellence de vos &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est juste que vous ayez &#224; cet &#233;gard autant de libert&#233; que vous avez de responsabilit&#233;. Mais quelque solution que vous pr&#233;f&#233;riez, je ne saurais trop vous le redire, faites toujours bien comprendre que vous mettez votre amour-propre, ou plut&#244;t votre honneur, non pas &#224; adopter tel ou tel livre, mais &#224; faire p&#233;n&#233;trer profond&#233;ment dans les jeunes g&#233;n&#233;rations l'enseignement pratique des bonnes r&#232;gles et des bons sentiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;pend de vous de h&#226;ter par votre mani&#232;re d'agir, le moment o&#249; cet enseignement sera partout, non pas seulement accept&#233;, mais appr&#233;ci&#233;, honor&#233;, aim&#233;, comme il m&#233;rite de l'&#234;tre. Les populations m&#234;mes dont on a cherch&#233; &#224; exciter les inqui&#233;tudes ne r&#233;sisteront pas longtemps &#224; l'exp&#233;rience qui se fera sous leurs yeux. Quand elles vous auront vu &#224; l'ouvre, quand elles reconna&#238;tront que vous n'avez d'autre arri&#232;re-pens&#233;e que de leur rendre leurs enfants plus instruits et meilleurs, quand elles remarqueront que vos le&#231;ons de morale commencent &#224; produire de l'effet, que leurs enfants rapportent de votre classe de meilleures habitudes, des mani&#232;res plus douces et plus respectueuses, plus de droiture, plus d'ob&#233;issance, plus de go&#251;t pour le travail, plus de soumission au devoir, enfin tous les signes d'une incessante am&#233;lioration morale, alors la cause de l' Ecole la&#239;que sera gagn&#233;e, le bon sens du p&#232;re et de la m&#232;re ne s'y tromperont pas, et ils n'auront pas besoin qu'on leur apprenne ce qu'ils vous doivent d'estime, de confiance et de gratitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai essay&#233; de vous donner, Monsieur, une id&#233;e aussi pr&#233;cise que possible d'une partie de votre t&#226;che, qui est, &#224; certains &#233;gards, nouvelle, qui de toutes est la plus d&#233;licate, permettez-moi d'ajouter que C'est aussi celle qui vous laissera les plus intimes et les plus durables satisfactions. Je serais heureux si j'avais contribu&#233;, par cette lettre, &#224; vous montrer toute l'importance qu'y attache le Gouvernement de la R&#233;publique et si je vous avais d&#233;cid&#233; &#224; redoubler d'effort pour pr&#233;parer &#224; notre pays une g&#233;n&#233;ration de bons citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(17 novembre 1883.)&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_23 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:200px;&#034; data-w=&#034;200&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:22.340425531915%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.laicite-aujourdhui.fr/index.php?action=image_responsive&amp;img=IMG/jpg/reine_marguerite.jpg&amp;taille=200&amp;1195063870' alt='' data-src='IMG/jpg/reine_marguerite.jpg' data-l='470' data-h='105' data-tailles='[\&#034;200\&#034;]' class='image_responsive avec_picturefill' srcset='index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/reine_marguerite.jpg&amp;#38;taille=200&amp;#38;1195063870 1x,index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/reine_marguerite.jpg&amp;#38;taille=400&amp;#38;1195063870 2x' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Le pr&#234;tre &#224; l'&#233;glise, l'instituteur &#224; l'&#233;cole. &#034;&lt;/strong&gt; Cr&#233;mieux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>MEMOIRE SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE . . . . . . CONDORCET</title>
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		<dc:subject>Condorcet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'instruction, devoir social &lt;br class='autobr' /&gt;
L'instruction publique est un devoir de la soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;gard des citoyens. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'in&#233;galit&#233; d'instruction est une des principales sources de la tyrannie. &lt;br class='autobr' /&gt; ..MEMOIRE SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE . . .(1791-1792) &lt;br class='autobr' /&gt;
L'instruction, devoir social &lt;br class='autobr' /&gt;
L'instruction publique est un devoir de la soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;gard des citoyens. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'in&#233;galit&#233; d'instruction est une des principales sources de la tyrannie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le devoir de la soci&#233;t&#233;, relativement &#224; l'obligation d'&#233;tendre dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.laicite-aujourdhui.fr/?-a-lire-ou-a-relire-" rel="directory"&gt;A lire ou &#224; relire...&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.laicite-aujourdhui.fr/?+-Condorcet-37-+" rel="tag"&gt;Condorcet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'instruction, devoir social&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instruction publique est un devoir de la soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;gard des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'in&#233;galit&#233; d'instruction est une des principales sources de la tyrannie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure class='spip_document_33 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:200px;&#034; data-w=&#034;200&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:91.428571428571%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.laicite-aujourdhui.fr/index.php?action=image_responsive&amp;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;taille=70&amp;1195063849' alt='' data-src='IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg' data-l='70' data-h='64' data-tailles='[\&#034;200\&#034;]' class='image_responsive avec_picturefill' srcset='index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;#38;taille=70&amp;#38;1195063849 1x,index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;#38;taille=70&amp;#38;1195063849 2x' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;..&lt;strong&gt;MEMOIRE SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE&lt;/strong&gt; . . .(1791-1792)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'instruction, devoir social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instruction publique est un devoir de la soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;gard des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'in&#233;galit&#233; d'instruction est une des principales sources de la tyrannie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir de la soci&#233;t&#233;, relativement &#224; l'obligation d'&#233;tendre dans le fait, autant qu'il est possible, l'&#233;galit&#233; des droits, consiste donc &#224; procurer &#224; chaque homme l'instruction n&#233;cessaire pour exercer les fonctions communes d'homme, de p&#232;re de famille, et de citoyen...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; doit au peuple une instruction publique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Comme moyen de rendre r&#233;elle l'&#233;galit&#233; des droits ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Pour diminuer l'in&#233;galit&#233; qui na&#238;t de la diff&#233;rence des sentiments moraux ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Pour augmenter dans la soci&#233;t&#233; la masse des lumi&#232;res utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; doit &#233;galement une instruction publique, relative aux diverses professions,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) pour maintenir l'&#233;galit&#233; entre ceux qui s'y livrent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) pour les rendre plus &#233;galement utiles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) pour diminuer le danger o&#249; quelques-unes exposent, pour acc&#233;l&#233;rer leurs progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; doit encore l'instruction publique comme moyen de perfectionner l'esp&#232;ce humaine, en mettant tous les hommes n&#233;s avec du g&#233;nie &#224; port&#233;e de les d&#233;velopper, en pr&#233;parant les g&#233;n&#233;rations nouvelles par la culture de celles qui les pr&#233;c&#232;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Instruction publique est encore n&#233;cessaire pour pr&#233;parer les nations aux changements que le temps doit amener. L'&#233;ducation publique doit se borner &#224; l'instruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation... ne se borne pas seulement... &#224; l'enseignement des v&#233;rit&#233;s de fait et de calcul, mais elle embrasse toutes les opinions politiques, morales ou religieuses. Or la libert&#233; de ces opinions ne serait plus qu'illusoire si la soci&#233;t&#233; s'emparait des g&#233;n&#233;rations naissantes pour leur dicter ce qu'elles doivent croire. Celui qui en entrant dans la soci&#233;t&#233; y porte des opinions que son &#233;ducation lui a donn&#233;es, n'est plus un homme libre ; il est l'esclave de ses ma&#238;tres... Il croit ob&#233;ir &#224; sa raison, quand il ne fait que se soumettre &#224; celle d'un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui qu'il est reconnu que la v&#233;rit&#233; seule peut &#234;tre la base d'une prosp&#233;rit&#233; durable... le but de l'&#233;ducation ne peut plus &#234;tre de consacrer les opinions &#233;tablies, mais au contraire de les soumettre &#224; l'examen libre de g&#233;n&#233;rations successives, toujours de plus en plus &#233;clair&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, une &#233;ducation compl&#232;te s'&#233;tendrait aux opinions religieuses ; la puissance publique serait donc oblig&#233;e d'&#233;tablir autant d'&#233;ducations diff&#233;rentes qu'il y aurait de religions anciennes ou nouvelles profess&#233;es sur son territoire ; ou bien elle obligerait les citoyens des diverses croyances soit d'adopter la m&#234;me pour leurs enfants, soit de se borner entre le petit nombre qu'il serait convenu d'encourager. On sent que la plupart des hommes suivent en ce genre les opinions qu'ils ont re&#231;ues d&#232;s leur enfance... Si donc elles font partie de l'&#233;ducation publique, elles cessent d'&#234;tre le choix libre des citoyens et deviennent un joug impos&#233; par un pouvoir ill&#233;gitime. En un mot, il est &#233;galement impossible ou d'admettre ou de rejeter l'instruction religieuse dans une &#233;ducation publique qui exclurait l'&#233;ducation domestique, sans porter atteinte &#224; la conscience des parents, lorsque ceux-ci regarderaient une religion exclusive comme n&#233;cessaire, ou m&#234;me comme utile &#224; la morale et au bonheur de l'autre vie. Il faut donc que la puissance publique se borne &#224; r&#233;gler l'instruction, en abandonnant aux familles le reste de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ind&#233;pendance de la morale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance publique n'a pas le droit de lier l'enseignement de la morale &#224; celui de la religion. A cet &#233;gard m&#234;me, son action ne doit &#234;tre ni arbitraire, ni universelle. On a d&#233;j&#224; vu que les opinions religieuses ne peuvent faire partie de l'instruction commune... Il en r&#233;sulte la n&#233;cessit&#233; de rendre l'enseignement de la morale rigoureusement ind&#233;pendant de ces opinions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance publique ne peut m&#234;me, sur aucun objet, avoir le droit de faire enseigner des opinions comme des v&#233;rit&#233;s, elle ne doit imposer aucune croyance...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son devoir est d'armer contre l'erreur, qui est toujours un mal publie, toute la force de la v&#233;rit&#233;, mais elle n'a pas le droit de d&#233;cider o&#249; r&#233;side la v&#233;rit&#233;, o&#249; se trouve l'erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les congr&#233;gations enseignantes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance publique doit &#233;viter surtout de confier l'instruction &#224; des corps enseignants qui se recrutent par eux-m&#234;mes. Leur histoire est celle des efforts qu'ils ont faits... pour imposer aux esprits un joug &#224; l'aide duquel ils esp&#233;raient prolonger leur cr&#233;dit et &#233;tendre leur richesse... L'instruction qu'ils donneront aura toujours pour but, non le progr&#232;s des lumi&#232;res, mais l'augmentation de leur pouvoir ; non d'enseigner la v&#233;rit&#233;, mais de perp&#233;tuer les pr&#233;jug&#233;s utiles &#224; leur ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de doctrine d'Etat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance publique ne peut pas &#233;tablir un corps de doctrine qui doive &#234;tre enseign&#233; exclusivement. Sans doute il est impossible qu'il ne se m&#234;le des opinions qui doivent faire l'objet de l'instruction... C'est surtout dans ces sciences (morales et politiques) qu'entre les v&#233;rit&#233;s reconnues et celles qui ont &#233;chapp&#233; &#224; nos recherches, il existe un espace immense que l'opinion seule peut remplir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des v&#233;rit&#233;s appuy&#233;es d'une preuve certaine et g&#233;n&#233;ralement reconnues, sont les seules qu'on doive regarder comme immuables, et on ne peut s'emp&#234;cher d'&#234;tre effray&#233; de leur petit nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, comme ces sciences influent davantage sur le bonheur des hommes, il est bien plus important que la puissance publique ne dicte pas la doctrine commune ?du moment, comme des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles' de peur qu'elle ne fasse de l'instruction un moyen de consacrer les pr&#233;jug&#233;s qui lui sont utiles, et un instrument de pouvoir de ce qui doit &#234;tre la barri&#232;re la plus s&#251;re contre tout pouvoir injuste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance publique peut d'autant moins donner ses opinions pour base de l'instruction qu'on ne peut la regarder comme au niveau des lumi&#232;res du si&#232;cle o&#249; elle s'exerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'objet de l'instruction n'est pas de perp&#233;tuer les connaissances devenues g&#233;n&#233;rales dans une nation, mais de les perfectionner et de les &#233;tendre. Le devoir, comme le droit de la puissance publique se borne donc &#224; fixer l'objet de l'instruction et &#224; s'assurer qu'il sera bien rempli...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution de chaque nation ne doit faire partie de l'instruction que comme un fait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de soumettre chaque g&#233;n&#233;ration aux opinions comme &#224; la volont&#233; de celle qui la pr&#233;c&#232;de, mais de les &#233;clairer de plus en plus, afin que chacune devienne de plus en plus digne de se gouverner par sa propre raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Instruction f&#233;minine et mixte.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instruction doit &#234;tre la m&#234;me pour les femmes et pour les hommes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) pour qu'elles puissent surveiller celle de leurs enfants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) parce que ce d&#233;faut d'instruction des femmes introduirait dans les familles une in&#233;galit&#233; contraire &#224; leur bonheur ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) parce que c'est un moyen de faire conserver aux hommes (aux maris) les connaissances qu'ils ont acquises dans leur jeunesse ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) parce que les femmes ont le m&#234;me droit que les hommes &#224; l'instruction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instruction doit &#234;tre donn&#233;e en commun et les femmes ne doivent pas &#234;tre exclues de l'enseignement... pour la facilit&#233; et l'&#233;conomie de l'instruction... Cette r&#233;union est utile aux m&#339;urs, loin de leur &#234;tre dangereuse... La r&#233;union des deux sexes dans les m&#234;mes &#233;coles, est favorable &#224; l'&#233;mulation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de religion d'Etat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout homme devant &#234;tre libre du choix de sa religion, il serait absurde de le faire contribuer &#224; l'enseignement d'une autre, de lui faire payer les arguments par lesquels on veut le combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s qui (la puissance publique) d&#233;cidera-t-elle que telle th&#233;ologie est vraie et quel droit aurait-elle d'en faire enseigner une qui peut-&#234;tre est fausse ? On peut jusqu'&#224; un certain point, faire payer un imp&#244;t pour les frais d'un culte... : mais qui osera dire que l'enseignement de la th&#233;ologie puisse &#234;tre jamais un moyen de conserver la paix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de CONDORCET&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_33 spip_documents spip_documents_left' style=&#034;max-width:200px;&#034; data-w=&#034;200&#034;&gt; &lt;span &gt; &lt;picture style='padding:0;padding-bottom:91.428571428571%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://www.laicite-aujourdhui.fr/index.php?action=image_responsive&amp;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;taille=70&amp;1195063849' alt='' data-src='IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg' data-l='70' data-h='64' data-tailles='[\&#034;200\&#034;]' class='image_responsive avec_picturefill' srcset='index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;#38;taille=70&amp;#38;1195063849 1x,index.php?action=image_responsive&amp;#38;img=IMG/jpg/osteospermumb-3.jpg&amp;#38;taille=70&amp;#38;1195063849 2x' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;&lt;/picture&gt; &lt;/span&gt; &lt;/figure&gt;&lt;/div&gt;
		
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